La transformation du secteur publicitaire a donné naissance à de nouveaux types de médias, tels que la presse gratuite. Aujourd’hui, cette nouvelle forme de presse est considérée comme un secteur d’activité à part entière allant de l’édition jusqu’à la communication. En France, par exemple, on compte plus de 500 titres qui se diffusent chaque semaine et qui représentent un chiffre d’affaires annuel s’estimé à 5,1 milliards d’euros. On peut donc dire que le poids social et surtout économique de la presse gratuite est capital, non seulement de par les capitaux qu’elle génère mais aussi par les moyens de production qu’elle utilise et par les emplois directs qu’elle crée. Bachar Kiwan est celui qui a fait connaitre le concept de la presse gratuite au Moyen-Orient. Cette idée innovante a permis de créer un nouveau modèle économique qui a donné un envol sans précédent aux médias arabes.

Parcours de Bachar Kiwan

Bashar Kiwan a effectué ses études primaires en Syrie dans une école française. Son apprentissage secondaire et universitaire s’est fait en France. Il a découvert le concept de la presse gratuite très tôt lorsque ses parents l’ont envoyé étudier dans le Sud alors qu’il n’avait que 16 ans. Séduit par cette idée qui, à ce moment-là, n’existait pas dans les pays arabes, il décide de rejoindre ses parents au Koweït. Ce voyage était bien plus qu’un séjour familial, puisqu’il décide de lancer le premier journal gratuit. Le concept, ayant donné ses fruits, Bachar décide de développer son activité en visant plus de 12 pays de la péninsule arabique. Le domaine des médias connaissait, à ce moment-là, un boom sans précédent. Ce qui n’était pas pour déplaire au jeune journaliste dont les rêves ne cessaient de grandir. Avec ses collaborateurs, il met en place un plan d’action de grande envergure avec pour but de dominer le marché de la publicité dans les pays du Moyen Orient.

L’avènement du digital : une transition dans le monde des médias arabes

Le processus de transformation des médias d’aujourd’hui est le résultat de la numérisation de l’information. Cette dernière a contribué à son tour à la fusion de trois des activités les plus importantes dans notre ère, à savoir l’audiovisuel, la télécommunication et l’informatique. Ce qui a permis au secteur médiatique de se développer verticalement et horizontalement, en transformant les médias traditionnels de manière radicale.

D’ailleurs, il faut dire qu’il est difficile de rester à l’abri de ces changements qui influencent et prédisent la recomposition de l’industrie des médias. De plus, ces mutations ont même transformé les besoins des récepteurs, notamment pour les prestations rendues par les médias. La modernisation s’impose donc sur tous les niveaux

Il va sans dire que le numérique constitue un véritable challenge pour les entreprises qui se sont établies depuis plusieurs années déjà. Deux choix s’offrent à elles : celui de joindre le mouvement et de moderniser les méthodes de communication utilisées jusque-là ou de maintenir les vieilles stratégies en espérant conserver une petite part du marché. Bashar Kiwan a réalisé un coup de maître en surfant sur la vague du digital. Sa société AWI a su s’adapter aux nouvelles habitudes sociales et commerciales en mettant en place plus de 7 sites internet. Aujourd’hui, ces entreprises en ligne génèrent, à elles seules, plus de 11 millions de visites mensuelles : un résultat spectaculaire et prometteur ! Néanmoins, avec des pointures digitales comme Facebook et Instagram, il est difficile de faire face à cette concurrence qui regroupe un grand nombre de fervents adeptes. Solution : mettre en place des applications numériques qui se focalisent sur les spécificités des transactions et des habitudes d’achat dans le monde arabe.

Les ambitions du projet Kiwan

À l’avenir, Kiwan essaiera de moderniser davantage ses techniques de travail en axant ses efforts sur le domaine digital. Même s’il a décidé de conserver parallèlement une version papier de ses journaux, il mise de plus en plus gros sur les applications numériques. Il explique aussi qu’il consacre beaucoup de budget pour la recherche et l’expérimentation, conscient de leur potentiel pour faire avancer le concept de la presse sur la péninsule arabique.